Allocution du 8 mai 2019 Imprimer

   

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Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les représentants des associations des anciens combattants, Mesdames et Messieurs, nous vous remercions de votre présence pour célébrer cette date anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale.

Ces gestes Républicains sont indispensables pour la transmission du souvenir aux générations futures.

Les conditions matérielles actuelles ne sont pas satisfaisantes, car l’Harmonie n’est pas vue et mal entendue et se trouve à risque sur la route départementale, les gestes de dépôt de gerbes ne sont pas vus, les porte- drapeaux ne sont pas mis en valeur, c’est la raison pour laquelle ; comme annoncé et voté à l’unanimité par le conseil municipal et après consultation du « comité des sages », nous célèbrerons le 11 novembre à un nouvel emplacement sur cette même place. Le monument aux morts sera placé dans l’angle du parc face au parking (sur votre gauche)

Je profite de cette cérémonie du 74ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, pour vous annoncer que demain le jeudi 9 mai, c’est la journée de l’Europe, date anniversaire de la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, qu’après demain, le vendredi 10 mai, c’est la commémoration en France métropolitaine de l’abolition de l’esclavage et enfin ce weekend, le 12 mai, c’est la Fête de Jeanne d’Arc, fête du patriotisme.

Au-delà des nombreux jours fériés de mai, notre peuple peut également se souvenir des évènements de mai 1968,

Mai est un mois très riche en souvenirs et évènements en France.

Pour revenir à la commémoration d’aujourd’hui, Elle nous permet de ne jamais oublier que ce conflit a fait 50 millions de victimes (l’équivalent des trois quarts du peuple Français actuel) dont 6 millions de juifs. Je ne peux pas regarder un documentaire sur la Shoah et les camps de la mort sans être ému aux larmes. Qui le peut ? Comment rester indifférent à la traque aux minorités de cette époque, aux tziganes, aux homosexuels, aux artistes dits décadents ?

L’Europe s’est reconstruite sur ses cendres avec une volonté politique de coopération et de paix durable. L’exemple du Brexit est à méditer, les agriculteurs / éleveurs de l’Ulster en Irlande du Nord, revendent leur exploitation car ils ont compris que le retour et la mise en place d’une frontière allait les priver du marché du reste de l’Irlande. Les groupes armés de l’IRA renaissent et les tensions réapparaissent. Dans quelques jours, le 26 Mai prochain, nous serons amenés à voter pour  les élections Européennes, c’est un suffrage direct et proportionnel. Ce jour-là, il s’agit pour chacun de nous de s’interroger sur l’héritage que l’on souhaite léguer aux générations futures.

Robert Schuman dans sa déclaration fondatrice de 1950 a déclaré :

« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.

La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre.

L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait »

Fin de citation

Le monde de 2019 n’est plus celui des années 50. La paix est là, les totalitarismes en Europe ont disparus, mais cette paix est fragile face aux montées des nationalismes, du repli, et de l’individualisme. Si l’Europe est défaite, nous aurons la guerre.

Si nous appliquons cette vision Européenne aux questions écologiques, ce discours fondateur prend à nouveau une autre valeur.

Comment pourrions-nous dire dans 20 ou 30 ans, « On ne savait pas », « On ne peut rien faire » ? Ce discours-là existait à la fin des années 30 vis-à-vis de la montée du nazisme. Nous connaissons la suite de l’histoire.

A l’instar des justes nous pouvons tous agir dans notre quotidien, par le tri sélectif, la suppression des insecticides et pesticides, les solutions alternatives au brulage des déchets verts.

Allons-nous devoir ériger et nous recueillir devant des monuments à la biodiversité morte, aux espèces animales et végétales disparues ? Qui le souhaite ?

Avant de clôturer cette cérémonie, je souhaite rebondir sur la fragilité des « réalisations concrètes » évoquées par Robert Schuman et l’illustrer par une dernière phrase que je livre à votre réflexion. Ceci s’applique dans bien des domaines et à notre actualité.

N’importe quel imbécile peut détruire une grange en quelques instants, pour la reconstruire il faudra du temps et un charpentier.

Je vous remercie.

Vive la République et Vive la France.

 

Michel Poinson, maire de Saint-Maximin